L’effet placebo et nocebo

Pilules placeboDans cet article, je parlerai de l’effet placebo et de son pendant négatif, l’effet nocebo.
L’effet placebo, souvent victime de mauvaise presse, associé à la tromperie et la faiblesse psychologique; est pourtant largement étudié et gêne bien des pharmacologues.
Découvrez cet incroyable allié, scientifiquement reconnu mais dont les mécanismes restent un mystère.

Placebo

On appelle « placebo » (du latin « je plairai »), une substance pharmacologiquement inerte et qui pourtant apporte des résultats thérapeutiques positifs et tangibles. Le placebo peut être sous la forme de comprimé, gélule, goutte, patch, injection,etc. On peut également pratiquer une chirurgie placebo, qui consiste à simuler une véritable opération.

L’effet placebo  est souvent dénigré et considéré à tord comme quelque chose qui ne se passe que « dans la tête ».
Bien sûr, il agit sur des signes subjectifs (douleur, fatigue,…), mais également sur des paramètres physiologiques mesurables (pression artérielle, Numération Formule Sanguine, fréquence cardiaque,…).
Migraine, hypertension artérielle, arthrose ou même maladie de Parkinson, l’effet placebo améliore les symptômes et la qualité de vie des patients.
De multiples facteurs interviennent dans l’effet placebo. La forme, la taille, le prix et la couleur influe sur son efficacité; tout comme l’implication du médecin et l’état d’esprit du patient jouent un rôle important dans sa guérison.

Voici quelques exemples d’utilisation de placebo:

  • le « bisou magique » de papa/maman quand on se fait un bobo
  • un bronchodilatateur « placebo » capable de soulager une crise d’asthme
  • l’injection d’une solution saline durant la Guerre pour faire face à une rupture de stock de morphine

La mise sur le marché de nouveaux médicaments est gênée à cause de l’effet placebo. En effet, son efficacité doit être comparée et être supérieure à celle d’un groupe de contrôle recevant un placebo. Cela reste un objectif difficile à atteindre et beaucoup de médicaments ne franchissent pas cet étape.

Nocebo

Le « nocebo » (du latin « je nuirai »), à l’inverse du placebo,  génère des effets négatifs.

Pour des raisons éthiques, l’effet nocebo est bien moins étudié que l’effet placebo.
Une personne qui prend connaissance des effets indésirables d’un médicament (ou d’un placebo), risque de développer les effets secondaires associés.
Le seul fait d’avoir une information négative à propos d’une pathologie ou d’un traitement peut provoquer des symptômes désagréables, voire aggraver la maladie.
Si vous êtes dans la peur d’être « contaminé » après avoir croisé une personne qui tousse ou qu’on vous répète sans cesse « attention tu va attraper froid », il y a fort à parier que vos défenses immunitaires en pâtissent et ouvrent la porte aux microbes.

Incroyable Mr. Wright

Un cas célèbre, qui illustre à merveille le pouvoir de notre esprit sur le corps, est celui de « Mr. Wright » atteint d’un cancer en phase terminale avec des tumeurs de la taille d’une orange. Hôspitalisé à l’hôpital de Long Beach en Californie, il supplie le Dr. Philip West de lui injecter du Krebiozen, un nouveau remède expérimental dont il a eu vent.
Le docteur finit par accepter, et il  assiste à une véritable « fonte » des tumeurs dans les jours qui suivent l’injection.
Deux mois plus tard, le patient tombe sur un article de journal qui révèle que le Krebiozen n’a aucune efficacité sur le cancer; et il fait alors une rechute.
Le docteur lui conseille de ne pas croire ce que disent les journaux,  et lui propose alors une nouvelle formule ultra-dosée de ce remède (qui n’est rien d’autre que de l’eau), et qui le remet sur la voie de la guérison pour deux mois supplémentaires.
Malheureusement, le patient prend connaissance d’un rapport de l’American Medical Association qui statut sur l’inefficacité du Krebiozen, et il décède deux jours plus tard.

Un mensonge inutile

Une étude scientifique publiée en 2010, balaye la croyance que le mensonge doit être entretenu pour que le placebo fonctionne.
En effet, le fait de prescrire un placebo peut avoir des effets positifs y compris chez les patients qui en sont informés.  Le fait d’expliquer en quoi ça consiste et quel est son mode d’action, n’affecte en rien son efficacité. La prise en conscience d’un placebo avec une intention dirigée permet de tirer profit de son action.

De plus, une  étude de 2012, démontre que la réponse placebo/nocebo se manifeste sans passer par la conscience; ou plus exactement que c’est une réponse automatique qui court-circuite le mental et la pensée consciente.
En résumé, un docteur qui vous prescrit un médicament sans vraiment y croire, envoi autant de signaux  (communication non verbale) que votre inconscient va traiter et manifester sous forme d’effet nocebo.

Conclusion

On reconnaît aujourd’hui l’influence du mental sur l’organisme et les incroyables ressources d’auto-guérison dont dispose le corps humain.
De récentes études ont relancé l’intérêt du grand public pour la méditation, la pensée positive et ses nombreux bienfaits.
Notre santé est dépendante de notre capacité à gérer le stress et nos pensées, ainsi que de notre environnement qui nous envoie autant de signaux traités de façon inconsciente, et qui génèrent des réponses physiologiques.
Les mots, tout comme les croyances, peuvent être de puissants alliés, comme nos pires ennemis. L’accompagnement thérapeutique, à travers l’écoute et le dialogue, prend ici tout son sens, notamment dans l’annonce et le suivi de pathologies dites « lourdes » ou « incurables ».

 

4 Réponses à “L’effet placebo et nocebo”

  1. Merci pour cet article très intéressant.

    Ce que je trouve le plus fascinant avec l’effet placebo, c’est que, comme tu l’as écris, le mensonge n’est pas nécessaire. Il suffit que notre inconscient joue le jeu, ce que l’on pense consciemment a moins d’importance.

  2. Steven

    J’ai bien aimé l’article. J’ai quelques questions personnelles en lien avec l’effet nocebo et je me demain s’il était possible de s’écrire en privé. Merci.

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